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Thalès et l’ "Eau"

Un des premiers sinon le premier de tous les philosophes ; il en est considéré comme le "père".

mercredi 9 septembre 2026, par Marc Weikmans

  • Les mythes anciens
  • Production littéraire
  • Découvertes
  • Activité politique
  • Caractère
  • Doxographie
  • Formation
  • Chronologie
  • Mort et épitaphe

    Les mythes anciens

    Les mythes anciens, les théogonies [1] et les cosmogonies [2] répondaient à ces interrogations par l’intervention de puissances surnaturelles. Ce sont les dieux qui, en des temps lointains et mystérieux, ont ordonné l’univers. La Théogonie d’Hésiode au VIIème siècle en reconstituait la genèse. Douze dieux querelleurs comme les hommes et une foule de divinités gouvernaient le monde. Ce dont les Grecs ne doutaient pas. Ils vénéraient autant qu’ils craignaient les dieux et leur rendaient hommage en de multiples occasions, au cours de grandes cérémonies. La religion tenait une place importante dans leur vie. C’était, on le sait, une religion polythéiste. Aussi faut-il bien de garder de « christianiser » les mots « dieux » et « religion ». Le polythéisme grec ne repose pas sur une révélation. Pas de dogme, pas de contraignante vérité, pas de Dieu unique et créateur du monde ex nihilo. La religion grecque s’appuie sur des coutumes ancestrales, sur ces récits que l’on connaît depuis l’enfance, et particulièrement ceux d’ Homère [3] et d’Hésiode, devenus des modèles de référence. Écarter les dieux, comme le feront certains philosophes présocratiques, n’était pas sans danger. Certains seront accusés d’impiété et bannis de la cité. Car la religion est aussi pour le peuple un ensemble de superstitions. Il ne fallait pas irriter les dieux de peur qu’ils ne se vengent. C’est ici que l’on mesure toute l’audace des physiologues. Pour eux, les dieux habitent le monde, ils en font partie, mais ils ne l’expliquent pas.

    Thalès (vers 620-545), le premier, cherche une explication naturelle. Et pour lui, l’élément primordial, la substance première dont toutes les autres ne seraient que des modifications, c’est l’eau. L’eau, substance et force, engendre toutes choses, la terre, l’air, le feu. Elle est le principe de tout. Sans doute, cette conception est-elle proche encore de certains contenus des mythes du Proche-Orient et de l’Egypte, mais l’approche de Thalès est autre, son interprétation est rationnelle. Il apparait ainsi comme le père de la philosophie. Et peu importent ses explications, forcément « naïves » ou « fantaisistes » pour le lecteur d’aujourd’hui qui sait comment marche l’univers.

    D’une éclipse qu’l aurait prévue et qui mit fin à une bataille à la hauteur des pyramides qu’il aurait mesurées, Thalès a accompli des pas décisifs sur le chemin qui mène du mythe à la raison. Il affirme pourtant, selon Aristote, que « le monde est plein de dieux ». Cette affirmation que l’on retrouvera souvent, sous diverses formules, est liée à l’idée que les Grecs se faisaient de la religion et de la nature. Ils l’imaginent comme un organisme vivant dont les éléments sont doués d’une énergie propre et capables de mouvement spontané. L’assertion de Thalès n’entre pas pour lui en contradiction avec sa cosmologie, son explication du monde. On verra en se reportant aux textes, qu’on a longtemps célébré Thalès pour bien d’autres découvertes. Ses observations astronomiques, géométriques ou mathématiques furent utiles à bien des navigateurs et même à des rois tel que Crésus ! (V ; 561-546 av. J.C.) : roi de Lydie (sur la partie centrale de la côte occidentale de la Turquie), célèbre pour ses richesses et ses conquêtes. Vaincu par Cyrus, fondateur de l’Empire perse, il perdit son royaume.) Elles contribuèrent aussi au moins une fois dans sa vie à son enrichissement personnel. Les philosophes ne sont pas toujours ces rêveurs qui tombent dans des puits en observant le ciel (mésaventure qui arriva à Thalès et que nous raconte Platon), ils sont parfois des personnages fort avisés (anecdote que nous rapporte Aristote).

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    Production littéraire

    Après avoir exercé une carrière politique, il s’intéressa à la science de la nature. Selon certains, il ne laissa aucun ouvrage, car l’Astronomie maritime qu’on lui prête est, dit-on, de Phocos de Samos.

    Callimaque cependant le connaît comme le découvreur de la Petite Ourse, puisqu’il dit dans ses Iambes : Et du Chariot il avait, dit-on, mesuré les petites étoiles, (cette constellation) dont se servent les Phéniciens pour naviguer.

    Selon d’autres, il n’écrivit que deux ouvrages, sur le solstice et sur l’équinoxe, ayant jugé que les autres sujets étaient incompréhensibles.

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    Découvertes

    Selon certains, il semble avoir été le premier à s’être adonné à l’astronomie et à avoir prédit les éclipses solaires (et les solstices), comme le dit Eudème dans son Histoire des connaissances astronomiques ; c’est pourquoi Xénophane, de même qu’Hérodote, marque de l’admiration pour lui. Héraclite également lui rend hommage, de même que Démocrite.

    Certains disent de lui que ce fut lui également qui le premier prétendit que les âmes étaient immortelles ; le poète Choirilos est de ce nombre.

    Le premier aussi qui découvrit le passage (du soleil) d’un tropique à l’autre et, selon certains, il fut le premier à dire que la dimension du soleil par rapport au cercle lunaire, représentait un sept-cent-vingtième. Le premier aussi il appela le dernier jour du mois le « trentième ». il fut, selon certains, le premier à avoir disserté sur la nature.

    Mais Aristote et Hippias disent qu’il attribuait des âmes même aux êtres inanimés, prenant comme indices la pierre magnétique et l’ambre.

    Ayant étudié la géométrie auprès des Égyptiens, dit Pamphile, il fut le premier à avoir circonscrit un triangle rectangle dans un cercle et il offrit un bœuf en sacrifice à cette occasion. D’autres disent que c’est Pythagore, parmi lesquels Apollodore l’arithméticien ; c’est lui (Pythagore) qui fit le plus progresser les découvertes dont Callimaque dans ses lambes attribue l’invention à Euphorbe le Phrygien, par exemple : polygones scalènes et triangles, et tout ce qui touche à la théorie géométrique.

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    Caractère

    Lui-même, selon ce que rapporte Héraclide, dit qu’il vivait solitaire et en reclus. Certains cependant disent qu’il se maria et eut un fils du nom de Kybisthos, alors que d’autres prétendent qu’il resta célibataire et qu’il adopta le fils de sa sœur. Et lorsqu’on lui demanda pourquoi il n’engendrait pas de fils, il répondit : Par amour des enfants. Quand sa mère, dit-on également, voulait le forcer à se marier, il disait : Le moment n’est pas venu ; par la suite, ayant passé l’âge, il dit, alors qu’elle le pressait : Ce n’est plus le moment.

    Hiéronymos de Rhodes dit aussi, dans le deuxième livre de ses Mémoires dispersés, que, voulant montrer qu’il était facile de s’enrichir, il loua les pressoirs à huile d’olive alors qu’il prévoyait qu’une importante récolte approchait et amassa de grandes richesses.

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    Doxographie

    Il supposa que le principe de toutes chose était l’eau, que le monde était animé et plein de démons. On dit également que c’est lui qui découvrit les saisons de l’année et qui divisa celle-ci en trois cent soixante-cinq jours.

    Il a dit que le Nil grossit du fait que les courants sont refoulés par les vents étésiens venant en sens contraire.

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    Formation

    Personne ne fut son maître, sauf que, s’étant rendu en Égypte, il vécut dans la fréquentation des prêtres. Mais Hiéronymos dit qu’il mesura les pyramides à partir de leur ombre, en faisant des observations au moment où elles ont la même grandeur que nous. Il vécut également avec le tyran Trasybule de Milet, comme le dit Minyas.

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    Chronologie

    Apollodore dit, dans sa Chronique, qu’il naquit en la première année de la trente-neuvième olympiade. Il mourut à l’âge de soixante-dix-huit ans ou, comme le dit Sosicrate, de quatre-vingt-dix ans ; il mourut en effet lors de la cinquante-huitième olympiade, ayant vécu à l’époque de Crésus, à qui il proposa de franchir l’Halys sans pont, après avoir détourné le cours du fleuve.

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    Mort et épitaphe

    Le sage mourut en regardant un concours gymnique [4], de chaleur, de soif et de faiblesse, alors qu’il était déjà âgé. Et sur son tombeau fut inscrit : Ce tombeau est certes étroit, mais considère qu’elle atteint les dimensions du ciel, La gloire de Thalès, l’homme très seul.

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  • [1] généalogie des dieux. La théogonie d’Hésiode est un témoignage précieux d’une forme de pensée pythique et de dimension irrationnelle.

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    [2] les mythes cosmogoniques racontent la création, par des agents surnaturels d’un cosmos c’est-à-dire d’un monde ordonné

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    [3] le mythique auteur de l ’Illiade et de l’Odyssée, dont les poèmes constituèrent pendant des siècles le fond de la culture des Grecs.

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    [4] Un concours gymnique dans la Grèce antique était une compétition sportive officielle où des athlètes s’affrontaient pour honorer les dieux et obtenir la gloire.
    Les caractéristiques principales
    • La nudité : Le mot « gymnique » vient de gymnos, qui signifie « nu ». Les athlètes pratiquaient et concouraient entièrement nus.
    • Le lieu : Ces épreuves se déroulaient dans un stade ou un gymnase, souvent lors de grands rassemblements religieux comme les Jeux olympiques.
    • L’esprit : Les participants cherchaient l’excellence physique et morale, appelée l’arété. La victoire rapportait un immense prestige à la cité de l’athlète.
    Les principales épreuves
    • La course à pied : Le stadion (la longueur du stade), le diaulos (aller-retour) ou le dolichos (course de fond).
    • Le pentathlon : Une épreuve combinant la course, le saut en longueur, le lancer du disque, le lancer du javelot et la lutte.
    • Les combats :
    o La lutte (la palé) où il fallait faire tomber l’adversaire.
    o Le pugilat (ancêtre de la boxe) avec des lanières de cuir.
    o Le pancrace, un combat libre très violent combinant lutte et coups.
    • Les concours équestres : Des courses de char et de chevaux (souvent réservées aux riches propriétaires).

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