L’écriture est la peinture de la voix - Voltaire

Accueil > Thèmes > Histoire > Chants patriotiques > L’Hymne luxembourgeois

L’Hymne luxembourgeois

dimanche 3 janvier 2016, par Marc Weikmans


L’Hymne luxembourgeois
La langue nationale du Grand-Duché
Multilinguisme au Luxembourg

L’Hymne luxembourgeois

Où l’Alzette arrose les prés
Et la Sûre les rochers,
La Moselle les bords pourprés
Où la vigne s’accroche,
C’est là le sol de notre amour
C’est la terre chérie,
Pour qui nous donnerions toujours
Notre sang, ô patrie !

Ô Toi, le Maître souverain
Des peuples de la terre,
Écarte de ta forte main
La menace étrangère :
Au mot de liberté, l’enfant
Sent son âme qui vibre,
Fais-nous, au soleil triomphant,
Rester un peuple libre.<br<

L’hymne national est constitué par la première et la dernière strophe du chant Ons Heemecht (Notre Patrie) de 1859, un poème en langue luxembourgeoise de Michel Lentz, mis en musique par Jean-Antoine Zinnen. Joué pour la première fois en public lors d’une grande cérémonie à Ettelbruck en 1864, l’hymne national luxembourgeois lance un vibrant appel à la paix et à la liberté. Cet hymne exprime toute la joie du pays d’être parvenu à trouver son indépendance, dans la quiétude et la prospérité.

Ons Heemecht (version originale luxembourgeoise)

Wou d’Uelzecht durech d’Wisen zéit,
Duerch d’Fielsen d’Sauer brëcht.
Wou d’Rief laanscht d’Musel dofteg bléit,
Den Himmel Wäin ons mëcht.
Dat as onst Land, fir dat mir géif,
Heinidden alles won.
Ons Heemechtsland, dat mir sou déif
An onsen Hierzer dron.

O Du do uewen, deem séng Hand
Duurch d’Welt d’Natioune leet.
Behitt Du d’Lëtzebuerger Land
Vru friemem Joch a Leed !
Du hues ons all als Kanner schon
de fräie Geescht jo gin.
Looss viru blénken d’Fräiheetssonn
déi mir sou laang gesin.

(Texte : Michel Lentz / Musique : Jean-Antoine Zinnen)

La langue nationale du Grand-Duché

Le luxembourgeois (Lëtzebuergesch en luxembourgeois, Luxemburgisch en allemand) est une langue du groupe germanique occidental au même titre que l’allemand et le néerlandais. C’est une des nombreuses variantes locales du moyen-francique. Certaines classifications le rattachent au francique mosellan (Moselfränkisch en allemand). Avec le francique ripuaire et le francique rhénan, le francique mosellan constitue l’aile occidentale du groupe des dialectes moyen-allemands. Bien que germanique, cette langue n’est donc pas « de l’allemand » (l’allemand standard ayant été constitué sur la base des dialectes haut-allemands) : elle a ses particularités propres, tant au niveau du vocabulaire que de la syntaxe. De plus, il a largement subi l’effet d’un superstrat roman : environ 5 000 mots d’origine française ont été intégrés au luxembourgeois.

La limite orientale du domaine dialectal luxembourgeois est l’isoglosse op/of (mutation consonantique en finale qui sépare le francique luxembourgeois du francique mosellan). Au sud et à l’ouest, le luxembourgeois est voisin de parlers romans (lorrain et wallon).

On estime que 300 000 personnes de par le monde parlent cette langue, dont 250 000 au Luxembourg même.

Son aire de pratique s’étend, outre sur l’ensemble du Grand-Duché de Luxembourg, sur les communes belges limitrophes depuis Tintange jusqu’à Athus (formant le Pays d’Arlon), avec la ville largement francisée d’Arlon (où la variante locale est appelée arlonais ou areler), ainsi que sur le territoire de Beho. En France, il était langue vernaculaire dans une partie de l’actuel département de la Moselle (57) autour de Thionville (Diddenuewen en luxembourgeois), Cattenom et Sierck-les-Bains. Cette particularité valut à ses habitants d’être annexés à l’Empire allemand de 1871 à 1919 en même temps que le reste de la Moselle et les deux départements alsaciens du Haut-Rhin et du Bas-Rhin. Le luxembourgeois est aussi parlé en Allemagne, dans les arrondissements de Bitburg et de Daun, ainsi que dans une partie de la vallée de la Moselle.

À la suite d’une très forte émigration en fin du XIXème siècle et début du XXème siècle, « eis Sprooch », « notre langue », est également parlée en Amérique du Nord, notamment au nord des États-Unis et au Canada.

Si, dans les pays francophones limitrophes du Grand-Duché, il a été honni et banni suite à la politique linguistique française, aux deux guerres mondiales du xxe siècle et à l’annexion de l’Alsace-Lorraine comme territoire de l’Empire allemand, il a en revanche été au Luxembourg un ciment national, un moyen d’identification et de résistance (ainsi, la population a refusé de considérer l’allemand comme sa langue, malgré la pression nazie, lors d’un recensement). Il suffit de penser à la devise nationale, gravée au fronton de la Maison Communale d’Esch-sur-Alzette (Esch-Uelzecht en luxembourgeois) : Mir welle bleiwen wat mer sinn (« Nous voulons rester ce que nous sommes »). Cette même phrase peut également être trouvée sur une façade de la Vieille-Ville de Luxembourg-Ville, rue de la Loge avec une graphie légèrement différente : « Mir wölle bleiwe wat mir sin ».

En novembre 1984, par décret, le luxembourgeois est devenu, avec le français et l’allemand, la troisième langue nationale du Grand-Duché. Le 24 février 1984, a été promulguée (en français) la loi suivante : La langue nationale du Luxembourg est le luxembourgeois. Les textes légaux sont rédigés en français.

Les langues administratives sont, au choix, le luxembourgeois, l’allemand ou le français.
Dans l’administration, il doit être, dans la mesure du possible, répondu par le fonctionnaire au demandeur dans la langue que ce dernier a utilisée : français, allemand ou luxembourgeois.

Le luxembourgeois est de ce fait une langue nationale et reconnue. Des efforts sont par ailleurs faits, partout dans le pays, pour la codifier et l’unifier. La presse nationale, par exemple les quotidiens Luxemburger Wort, Tageblatt, Lëtzebuerger Journal, sont rédigés majoritairement en allemand et partiellement en français, sans que l’article soit traduit dans l’autre langue. On y trouve aussi quelques lignes rédigées en luxembourgeois : le courrier des lecteurs, les annonces personnelles ayant trait à la vie privée (nécrologies, faire parts divers...). Pour les romanophones (non autochtones), il existe aussi des quotidiens et hebdomadaires monolingues en français.

Multilinguisme au Luxembourg

En Communauté française de Belgique, le luxembourgeois bénéficie du décret sur la protection des langues régionales endogènes.

Le luxembourgeois n’est pas une langue officielle de l’UE.

Entre 2000 et 2002, le linguiste luxembourgeois Jérôme Lulling a développé une banque de données de 125 000 formes de mots luxembourgeois pour le premier correcteur orthographique informatique appliqué à la langue luxembourgeoise (Projet C.ORT.IN.A) Le développement d’un tel instrument a constitué une étape importante dans l’informatisation de la langue luxembourgeoise qui dispose également d’une version Wikipedia en luxembourgeois.

Le parler au Luxembourg est le luxembourgeois (Lëtzebuergesch en luxembourgeois) qui est la langue nationale du Luxembourg et, avec le français et l’allemand, la troisième langue officielle du Grand-Duché. Son usage s’étend à des communes limitrophes en Belgique, en France et en Allemagne.