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La Marseillaise martiniquaise

et un peu d’histoire...

dimanche 3 janvier 2016, par Marc Weikmans

  • L’Hymne national martiniquais
  • Un peu d’histoire...
  • Le Drapeau

    L’Hymne national martiniquais - La Marseillaise martiniquaise

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    Allons ! Enfants de la Patrie !
    Le jour de gloire est arrivé !
    Contre nous de la tyrannie,
    L’étendard sanglant est levé !
    L’étendard sanglant est levé !
    Entendez-vous dans les campagnes
    Mugir ces féroces soldats ?
    Ils viennent jusque dans nos bras
    Egorger nos fils, nos compagnes.

    Aux armes, citoyens, formez vos bataillons,
    Marchons, marchons, qu’un sang impur abreuve nos sillons.

    Que veut cette horde d’esclaves,
    De traîtres, de rois conjurés ?
    Pour qui ces ignobles entraves,
    Ces fers dès longtemps préparés ?
    Ces fers dès longtemps préparés ?
    Français ! pour nous, ah ! quel outrage !
    Quels transports il doit exister ;
    C’est nous qu’on ose méditer
    De rendre à l’antique esclavage !

    Aux armes, citoyens, formez vos bataillons,
    Marchons, marchons, qu’un sang impur abreuve nos sillons.

    Quoi ! des cohortes étrangères
    Feraient la loi dans nos foyers !
    Quoi ! des phalanges mercenaires
    Terrasseraient nos fiers guerriers !
    Terrasseraient nos fiers guerriers !
    Dieu ! nos mains seraient enchaînées !
    Nos fronts sous le joug se ploieraient !
    De vils despotes deviendraient
    Les maîtres de nos destinées !

    Aux armes, citoyens, formez vos bataillons,
    Marchons, marchons, qu’un sang impur abreuve nos sillons.

    Tremblez, tyrans et vous, perfides,
    L’opprobre de tous les partis !
    Tremblez ! vos projets parricides
    Vont enfin recevoir leur prix.
    Vont enfin recevoir leur prix.
    Tout est soldat pour vous combattre.
    S’ils tombent, nos jeunes héros,
    La terre en produit de nouveaux
    Contre vous, tous, prêts à se battre.

    Aux armes, citoyens, formez vos bataillons,
    Marchons, marchons, qu’un sang impur abreuve nos sillons.

    Français, en guerriers magnanimes
    Portez ou retenez vos coups !
    Epargnez ces tristes victimes,
    A regret, s’armant contre nous !
    A regret, s’armant contre nous !
    Mais ces despotes sanguinaires !
    Mais ces complices de Bouillé !
    Tous ces tigres qui, sans pitié,
    Déchirent le sein de leur mère !

    Aux armes, citoyens, formez vos bataillons,
    Marchons, marchons, qu’un sang impur abreuve nos sillons.

    Amour sacré de la Patrie
    Conduis, soutiens nos bras vengeurs !
    Liberté ! Liberté chérie,
    Combats avec tes défenseurs !
    Combats avec tes défenseurs !
    Sous nos drapeaux que la Victoire
    Accoure à tes mâles accents !
    Que tes ennemis expirants
    Voient ton triomphe et notre gloire !

    Aux armes, citoyens, formez vos bataillons,
    Marchons, marchons, qu’un sang impur abreuve nos sillons.

    Peuple français, connais ta gloire ;
    Couronné par l’Egalité,
    Quel triomphe, quelle victoire,
    D’avoir conquis la Liberté !
    D’avoir conquis la Liberté !
    Le Dieu qui lance le tonnerre
    Et qui commande aux éléments,
    Pour exterminer les tyrans,
    Se sert de ton bras sur la terre.

    Aux armes, citoyens, formez vos bataillons,
    Marchons, marchons, qu’un sang impur abreuve nos sillons.

    Nous avons de la tyrannie
    Repoussé les derniers efforts ;
    De nos climats, elle est bannie ;
    Chez les Français les rois sont morts.
    Chez les Français les rois sont morts.
    Vive à jamais la République !
    Anathème à la royauté !
    Que ce refrain, partout porté,
    Brave des rois la politique.

    Aux armes, citoyens, formez vos bataillons,
    Marchons, marchons, qu’un sang impur abreuve nos sillons.

    La France que l’Europe admire
    A reconquis la Liberté
    Et chaque citoyen respire
    Sous les lois de l’Egalité ;
    Sous les lois de l’Egalité ;
    Un jour son image chérie
    S’étendra sur tout l’univers.
    Peuples, vous briserez vos fers
    Et vous aurez une Patrie !

    Aux armes, citoyens, formez vos bataillons,
    Marchons, marchons, qu’un sang impur abreuve nos sillons.

    Foulant aux pieds les droits de l’Homme,
    Les soldatesques légions
    Des premiers habitants de Rome
    Asservirent les nations.
    Asservirent les nations.
    Un projet plus grand et plus sage
    Nous engage dans tous les combats
    Et le Français n’arme son bras
    Que pour détruire l’esclavage.

    Aux armes, citoyens, formez vos bataillons,
    Marchons, marchons, qu’un sang impur abreuve nos sillons.

    Oui ! déjà, d’insolents despotes
    Et la bande des émigrés
    Faisant la guerre aux Sans-culottes
    Par nos armes sont altérés ;
    Par nos armes sont altérés ;
    Vainement leur espoir se fonde
    Sur le fanatisme irrité,
    Le signe de la Liberté
    Fera bientôt le tour du monde.

    Aux armes, citoyens, formez vos bataillons,
    Marchons, marchons, qu’un sang impur abreuve nos sillons.

    O vous ! que la gloire environne,
    Citoyens, illustres guerriers,
    Craignez, dans les champs de Bellone,
    Craignez de flétrir vos lauriers !
    Craignez de flétrir vos lauriers !
    Aux noirs soupçons inaccessibles
    Envers vos chefs, vos généraux,
    Ne quittez jamais vos drapeaux,
    Et vous resterez invincibles.

    Aux armes, citoyens, formez vos bataillons,
    Marchons, marchons, qu’un sang impur abreuve nos sillons.

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    Un peu d’histoire...

    La Martinique est à la fois une région d’outre-mer et un département d’outre-mer français (numéro 972). Elle devrait son nom à Christophe Colomb qui la découvre en 1502. L’île est alors appelée « Jouanacaëra-Matinino », habitée par les Kalinas1, qui aurait désigné une île mythique chez les Taïnos d’Hispaniola. Le nom a évolué selon les prononciations en Madinina, « l’île aux fleurs », Madiana, Matinite et enfin, par influence de l’île voisine de la Dominique, le nom est devenu Martinique. Selon l’historien Sydney Daney, l’île aurait été appelée « Jouanacaëra », par les Caraïbes, ce qui signifierait « l’île aux iguanes ».
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    Elle est devenue française en 1635. Faisant partie de l’archipel des Antilles, elle est située dans la mer des Caraïbes, à environ 450 km au nord-est des côtes de l’Amérique du Sud, et environ 700 km au sud-est de la République dominicaine.

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    Le drapeau

    Durant la période esclavagiste les représentants de l’Etat français en MARTINIQUE et à SAINTE LUCIE ont pris le 4 août 1766 une ordonnance pour imposer aux propriétaires de vaisseaux de bâtiments et goélettes de ces deux îles un drapeau.
    Ce décret prévoit que : "Tous les propriétaires de vaisseaux, bâtiments, goélettes et bateaux de la Martinique et de Sainte-Lucie feront pourvoir leurs bâtiments d’un pavillon bleu avec une croix qui partagera le dit pavillon en quatre ; dans chaque carré bleu, et au milieu du carré, il y aura la figure d’un serpent en blanc, de façon qu’il y aura quatre serpents en blanc dans le dit pavillon, qui sera reconnu dorénavant pour celui de la Martinique et de Sainte-Lucie."

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    A partir de cette date, ce drapeau a flotté sur les navires de ceux qui se livraient à la traite négrière transatlantique, devenant ainsi l’un des symboles les plus évidents de l’esclavagisme chez nous tout comme la croix gammée est devenue le symbole du nazisme en Europe et dans le monde.

    Ce drapeau flotte sur toutes les habitations des descendants des esclavagistes communément appelés békés qui constituent une caste blanche raciste pratiquant l’endogamie et l’apartheid social.

    Mais il se trouve également apposés sur les édifices publics de la république française tels celui de la préfecture et de l’hôtel de police où il est même gravé dans le mur. Pire, depuis quelques temps, les gendarmes présents en Martinique portent des costumes spéciaux sur lequel ce symbole honni a été apposé.

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