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La Marseillaise

Le chant d’abord destiné aux soldats de l’armée du Rhin.

vendredi 1er janvier 2016, par Marc Weikmans

  • Petite histoire de La Marseillaise de 1792 à nos jours
  • La Marseillaise
  • A qui les 5ème couplet est-il destiné ?

    Écrite par Rouget de Lisle en 1792 pour l’armée du Rhin suite à la déclaration de guerre de la France à l’Autriche, ses paroles consistent essentiellement en une exhortation au combat contre les « hordes ennemies », pour la victoire et le salut de la Patrie. Elle a été adoptée comme hymne national français le 14 juillet 1795.

    Petite histoire de La Marseillaise de 1792 à nos jours.

    La Marseillaise, l’hymne national Français, a été composé dans la fièvre de la révolution nationale et populaire. Menacée par les alliés de l’ancien régime, le peuple se mobilise, de tous les coins de France, les paysans vont protégés la révolution dans toutes les batailles.

    Le 25 avril 1792, Claude Joseph Rouget de l’Isle, capitaine du génie et compositeur de musique, né en 1760 à Lons-le-Saulnier, est en garnison à Strasbourg. La déclaration de guerre du Roi à l’Autriche est officielle depuis quelque jours. Rouget de l’Isle chante pour la première fois cette œuvre qu’il nomme "Chant de guerre de l’armée du Rhin", dans le salon de Philippe de Dietrich, maire de Strasbourg.

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    Ce chant est destiné aux soldats de l’armée du Rhin (frontière avec l’Allemagne), qui vont partir sur les lieux des combats en chantant cette œuvre patriotique. La partition et les paroles sont imprimées, ce chant traverse la France très rapidement.

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    Ce chant est repris par les fédérés de Marseille qui participent à l’insurrection des Tuileries le 10 août 1792.Auparavant le général François Mireur, de l’armée d’Égypte, venu à Marseille dans le but de réunir les volontaires de Montpellier et de Marseille, trouva la Chanson excellente. Il la fit paraître sous le titre de "Chant de guerre aux armées aux frontières " pour la distribuer aux troupes.
    Les Marseillais interprétèrent ce chant en entrant dans Paris le 30 juillet 1792.Ainsi les parisiens la baptisèrent tout naturellement "la Marseillaise".

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    La Marseillaise devient un succès, elle est déclaré chant National par la Convention le 14 juillet 1795.Elle est interdite par Napoléon durant l’empire et par Louis XVIII lors de la seconde Restauration. Mise à l’honneur après la Révolution de 1830, la Marseillaise fut à nouveau bannie par Napoléon III.

    Sous la ’IIIème République, en 1879 la Marseillaise est déclaré hymne officiel, sans que l’on précise sa version finale. Une commission en 1887, détermine la version officielle après avoir remaniés le texte et la mélodie, le ministère de la Guerre l’adopte. Le 14 juillet 1915, les cendres de Rouget de l’Isle sont transférées aux Invalides, bâtiment commandé par Louis XIV.

    En septembre 1944, après la libération de Paris, une circulaire du nouveau gouvernement préconise de faire chanter La Marseillaise dans les écoles pour célébrer la libération et les martyres. Dans les constitutions de 1946 et 1958, la Marseillaise est confirmé en tant que hymne Nationale.

    Plus tard le Président Valéry Giscard d’Estaing à souhaité que l’on revienne à une exécution plus proche des origines de l’œuvre et en fait ralentir le rythme. Aujourd’hui une version de 1887 est jouée dans les cérémonies officielles. Seuls les 1er, 6e et 7e couplets avec le refrain sont chantés aujourd’hui, les autres couplets de la Marseillaise sont traditionnellement oubliés.

    Écrite par Rouget de Lisle en 1792 pour l’armée du Rhin suite à la déclaration de guerre de la France à l’Autriche, ses paroles consistent essentiellement en une exhortation au combat contre les « hordes ennemies », pour la victoire et le salut de la Patrie. Elle a été adoptée comme hymne national français le 14 juillet 1795.


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    La Marseillaise

    Premier couplet

    Allons enfants de la Patrie,
    Le jour de gloire est arrivé !
    Contre nous de la tyrannie,
    L’étendard sanglant est levé, (bis)
    Entendez-vous dans les campagnes
    Mugir ces féroces soldats ?
    Ils viennent jusque dans vos bras
    Égorger vos fils, vos compagnes !

    Refrain :

    Aux armes, citoyens
    Formez vos bataillons
    Marchons, marchons !
    Qu’un sang impur
    Abreuve nos sillons !

    Couplet 2

    Que veut cette horde d’esclaves,
    De traîtres, de rois conjurés ?
    Pour qui ces ignobles entraves,
    Ces fers dès longtemps préparés ? (bis)
    Français, pour nous, ah ! quel outrage
    Quels transports il doit exciter !
    C’est nous qu’on ose méditer
    De rendre à l’antique esclavage !

    Refrain

    Couplet 3

    Quoi ! des cohortes étrangères
    Feraient la loi dans nos foyers !
    Quoi ! ces phalanges mercenaires
    Terrasseraient nos fiers guerriers ! (bis)
    Grand Dieu ! par des mains enchaînées
    Nos fronts sous le joug se ploieraient
    De vils despotes deviendraient
    Les maîtres de nos destinées !

    Refrain

    Couplet 4

    Tremblez, tyrans et vous perfides
    L’opprobre de tous les partis,
    Tremblez ! vos projets parricides
    Vont enfin recevoir leurs prix ! (bis)
    Tout est soldat pour vous combattre,
    S’ils tombent, nos jeunes héros,
    La terre en produit de nouveaux,
    Contre vous tout prêts à se battre !

    Refrain

    Couplet 5

    Français, en guerriers magnanimes,
    Portez ou retenez vos coups !
    Épargnez ces tristes victimes,
    À regret s’armant contre nous. (bis)
    Mais ces despotes sanguinaires,
    Mais ces complices de Bouillé,
    Tous ces tigres qui, sans pitié,
    Déchirent le sein de leur mère !

    Refrain

    Couplet 6

    Amour sacré de la Patrie,
    Conduis, soutiens nos bras vengeurs
    Liberté, Liberté chérie,
    Combats avec tes défenseurs ! (bis)
    Sous nos drapeaux que la victoire
    Accoure à tes mâles accents,
    Que tes ennemis expirants
    Voient ton triomphe et notre gloire !

    Refrain

    Couplet 7 (dit couplet des enfants)

    Nous entrerons dans la carrière
    Quand nos aînés n’y seront plus,
    Nous y trouverons leur poussière
    Et la trace de leurs vertus (bis)
    Bien moins jaloux de leur survivre
    Que de partager leur cercueil,
    Nous aurons le sublime orgueil
    De les venger ou de les suivre

    Refrain

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    A qui le 5ème couplet est-il destiné ?

    François-Claude-Amour, marquis de Bouillé, (1739, Château de Cluzel, Saint-Eble en Auvergne - 1800, Londres), est un général français. Il est connu pour son attachement à Louis XVI. Il est le père de Louis de Bouillé et un cousin de La Fayette.

    Gouverneur des îles du Vent françaises, il combattit brillamment aux Antilles pendant la guerre d’indépendance des États-Unis, et enleva plusieurs îles aux Britanniques (1778).

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    Revenu en France en 1783, il voyage en Europe, Grande-Bretagne, Hollande, Allemagne. Membre de l’Assemblée des notables de 1787 à 1788, il y défend les privilèges. En 1789, il est nommé commandant des Trois-Évêchés (Toul, Verdun, Metz), puis de l’Alsace, de la Lorraine et de la Franche-Comté. Nommé en 1790 général en chef de l’armée de Meuse, Sarre-et-Moselle, il fit respecter la discipline à Metz et à Nancy par des actes de vigueur : il réprime sévèrement la mutinerie de la garnison de Nancy, le 31 août 1790 (33 condamnations à mort, 41 aux galères). Les patriotes le détestent, la famille royale compte sur lui pour la sauver, le charge d’organiser sa fuite le 20 juin 1791. Mais les dispositions qu’il prend sont éventées, et Louis XVI est arrêté à Varennes.

    Le marquis François-Claude-Amour de Bouillé émigre, et se réfugie à Coblentz. Il fit des démarches auprès des différentes cours pour obtenir la délivrance du roi. Il est dans l’armée de Louis-Joseph de Bourbon, prince de Condé en 1792, puis voyant ses efforts inutiles se retire en Grande-Bretagne où il meurt le 14 novembre 1800.

    C’est à lui qu’il est fait référence dans le cinquième couplet de la Marseillaise :
    "Mais ces despotes sanguinaires
    Mais ces complices de Bouillé
    Tous ces tigres qui, sans pitié
    Déchirent le sein de leur mère !"


    Il publia des Mémoires sur la Révolution, qui eurent un grand succès (Londres, 1797, et Paris, 1801). Son fils Louis de Bouillé est général d’Empire.


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